Bien et PPPW
Nature du bien
Fontaine
Appellation courante
"La Pichelotte". En wallon, ce terme signifie : "source, jet d'eau peu abondant ou urinoir".
Province
Namur
Entité
Yvoir
Descriptif
Formée par une vasque circulaire en pierre et une borne calcaire avec un crachoir, la fontaine est continuellement alimentée en eau non potable. L’arrivée est coupée en hiver par sécurité.
La margelle « recoupée par un déversoir, est composée de neuf pierres taillées, assemblées à crossettes et marquées chacune d’un chiffre romain, point de repère pour l’assemblage. Malheureusement, la vasque, renforcée par un cercle de métal, est enfoncée dans le sol, suite à l’exhaussement de celui-ci».
La borne, bouchardée, supporte le crachoir qui est une pièce métallique récente. Elle est coiffée par une poignée en fer battu plus ancien.
Si on rencontre fréquemment des fontaines dans d’autres régions wallonnes, dans le Condroz, elles sont plus rares. Dans l’entité d’Yvoir, on ne recense officiellement et seulement que trois fontaines, celle de Godinne, les deux autres qui ne sont que des points d’eau aménagés et couverts.
Elle a facilité la création d’un nouveau quartier de Godinne au XVIIIe siècle dans un endroit du village difficile d’accès et peu propice à la construction.
Dimensions
Dimensions de la vasque - Ø int. : 262 cm, Ø ext. : 308 cm, profondeur : 40 à 45 cm. Contenance de la vasque - +/- 2.045 litres au déversoir. Dimensions de la borne - 57 x 47 cm.
Contexte urbanistique et abords
La fontaine, située le long de la rue de Mont et en contre-bas de la rue Verte Voie, occupe un espace plat entouré par un mur, en demi-cercle, la séparant du ressaut de la colline.
Un escalier, à droite de la fontaine, relie la rue de Mont à la Verte Voie. Cet escalier emprunte le tracé du sentier vicinal n° 23 (déplacé de son assiette primitive) vers le n° 24 (Verte Voie) depuis le chemin vicinal n° 2 (rue de Mont). Nous sommes à un lieu stratégique d’un quartier qui s’est formé au XVIIIe siècle, près de cette fontaine.
Le sol est formé de dalles de pierre récentes. Le trop plein de la vasque s’écoule vers une canalisation communale.
Etat général de l’élément
Bon
Dégradation constatée
Bon. Mais :
La goulotte longeant le mur retenant le remblai est bouché. L’eau ne s’écoule plus par et s’étale sur les dalles entourant la vasque.
Or en saison de pluie, les eaux souterraines s’écoulent abondamment par les alvéoles situées au bas de ce mur. La partie gauche, vers la rue de Mont, suinte et est marquée par l’humidité.
Le remblai de terre au-dessus du muret est gorgé d’eau et des petits glissements de terre y ont eu lieu.
On constate, en été, une prolifération d’une végétation aquatique envahissant la vasque mais qui s’est atténuée depuis le placement de nouveaux égouts au quartier des Trys.
Fonction(s) passée(s) et actuelle(s)
Sur la carte de Ferraris, on distingue le tracé d’un ruisseau dévalant la colline pour se jeter dans la Meuse Disparue sous terre, l’eau est cependant toujours présente dans les flancs de cette colline. Elle réapparait sous forme de sources intermittentes à plusieurs endroits au-dessus de la fontaine.
Elle alimente toujours, sans interruption, la fontaine en passant préalablement par une citerne enterrée juste en amont de celle-ci.
Jusque la moitié du XXe siècle, la population utilisait l’eau de la fontaine pour la lessive, le nettoyage de l’habitation. Puis, le lotissement des Tys, vers la crête de la colline, a entraîné une altération de la qualité de l’eau : c’était devenu un bouillon de culture !
En 1963, le muret ceignant la fontaine était encore apparent.
En 1990, des travaux de restauration ont pu être réalisés grâce aux subsides octroyés par le concours « Entreprendre pour sauvegarder – Année des Fontaines » organisé sous le patronage de la Fondation Roi Baudouin pour lequel la commune d’Yvoir et le Syndicat d’Initiative de Godinne avaient rentré un dossier. Celui-ci ayant été retenu, on a procédé au démontage, puis nettoyage et replacement des dalles en grès autour de la fontaine, au remplacement de l’évacuation du trop plein de la vasque et son raccordement à la canalisation de la voirie. Une plaque commémorative « Année des Fontaines » a été placée le 9 septembre 1990 pour rappeler cette restauration (Voir fiche spécifique.).