80 ans des cloches le 13-9-2026 à Godinne
On pouvait compter au total 9 portes drapeaux, 5 des villages de la commune d'Yvoir (Godinne, Mont, Houx, Dorinne et Spontin) et ceux de Couvin, (drapeau offert par la ville de Liège à la ville de Couvin, comme les Piron sont à l'origine Liégeois), le porte drapeau national Brigade Piron Patrick Robbens, les drapeaux Vétérans Roi Albert I et d'Hastière. Nous avons eu également l'honneur d'avoir avec nous, madame Lambotte fille de l'ancien industriel des usines Saint-Roch à Couvin et qui a très bien connu le Général, elle m'a raconté avoir donné toutes ses archives avec Piron au Palais Royal,
Après les discours, nous avons chanté avec les deux choristes et l'organiste la Cantique des Belges à Notre-Dame de Lourdes, le sens de la célébration eucharistique présidé par le Curé était le pardon, celui-ci était accompagné d'un enfant de chœur Antoine Peeters. A la fin de la cérémonie, les deux choristes (Marie-Josépha Peeters et Suzanne Boonen) ont chantées la Brabançonne. Ensuite, un petit hommage a eu lieu au monument aux morts, le tout s'est terminé par un petit apéritif.
Maxime Peeters
Discours de Maxime Peeters
Bonjour à tous,
dag allemal
Welcome van onze Kerk Sint-Pieter Parossie, aan de naam van de NSB Sectie van Yvoir en de commissie van de Kerkebouw en de parossie,
Au nom de la FNC d'Yvoir, de la Fabrique d'église Saint-Pierre de Godinne,
Nous vous souhaitons la bienvenue pour l'anniversaire des 80 ans des cloches de notre église de notre paroisse.
Merci à notre vice-président et sacristain Frédéric Maghiels et son épouse notre commissaire de section Sylvie Buchet pour l'organisation de cette si belle exposition qu'il va vous présenter juste après moi,
Merci à vous tous en vos titres et qualités pour votre présence ici aujourd'hui,
Si vous êtes ici, c'est grâce à un Curé, l'Abbé Jean LALOUX qui était notre curé durant la seconde guerre mondiale, il n'a jamais avoué ouvertement son appartenance à la résistance comme le dit l'historien local Jacque Latour, mais comme me le racontait lorsque j'étais enfant le godinnois, feu Arthur BEGON (1924-2006) alors jeune travailleur au travail obligatoire en Allemagne, le curé était en contact avec Londres pendant la guerre. Et comme le raconte l'historien local Jacques LATOUR dans son livre, il a réalisé des actions grâce à sa connaissance du pays. Dans l'article de l'Avenir du 1/7/1957 annonçant son décès, le journaliste indique que le curé était un patriote intrépide et vaillant résistant, membre du service secret Socrate, il devient à la libération premier vice-président de la fraternelle des résistants armés du MNB de la province de Namur. Et toujours dans le journal l'Avenir du 31/8/1953 pour ses 25 ans de prêtrise à Godinne, on cite la présence d'amis, le général Piron, le colonel Camille Joset, (Camille Joset était directeur de l'Avenir Luxembourg. Approché dès 1938 par l'intelligence service, il organise dès 1939 avec son fils un réseau d'informateurs dans la province du Luxembourg et dès 1941 son service d'espionnage fusionne avec le directoire national du MNB dont il reprend le commandement national.
Durant l'occupation, devant les fidèles réunis dans l'église le 15 mars 1943, il lit la protestation des évêques contre le travail obligatoire et l'enlèvement des cloches. A Godinne, il nous en reste une, lors des messes, les collectes sont destinées au fonds des prisonniers de guerre certains sermons sont assurés par des jésuites du collège, l'éloquence des RP Goreux et Vassaux enchantent les paroissiens, placé sur un grand panneau devant l'hôtel de la Vierge, les photos des PG entretiennent leurs souvenirs chez les fidèles.
C'est le dimanche 11/8/1946 qu'a lieu le baptême des nouvelles cloches, dont il demandera au général Jean Baptiste PIRON d'en être le Parrain avec madame Delaruelle, celle-ci est dédiée à la Vierge et la seconde dédiée à Sainte-Thérèse de Lisieux et qui a pour parrain le bourgmestre Sohy et pour marraine madame Logueville. La journée a débuté par une messe de communion générale puis une grand-messe est chantée par le chanoine Dehoux aumônier de la 1ère brigade, le colonel Joset est également présent.
Deux témoins de cette journée mémorable d'août 1946 sont présents dans cette assistance, ils étaient enfants, Pierre dit Pierrot LAZARE et son épouse Marie-Claire PUISSANT, ils m'ont raconté l'effervescence de cette journée.
En hommage à tout ce passé, ce présent et ce futur incertain avec cette actualité en Belgique, dans cette Europe et ce monde, nous chanterons tout à l’heure avec la chorale la cantique de Belges à Notre-Dame de Lourdes dans son refrain "Sur la Belgique tends ta main bénie ! Pour son bonheur, nos vœux montent vers toi et que sous ta garde, elle reste Ô Marie, fidèle au Christ à l'église à la Foi.
Puissions formuler le vœu que nous entendions encore pour les 80 prochaines années autant nos cloches sonner très souvent.
Maxime Peeters (Président section FNC Yvoir et trésorier de la Fabrique d'église Saint-Pierre de Godinne)
Je laisse la parole à Frédéric.
Discours du Vice-président de la section FNC et Sacristain de l'église Saint-Pierre de Godinne, Frédéric Maghiels
Avant que vous ne parcouriez l'exposition, laissez-moi vous donner le fil conducteur qui m’a aidé à la construire : mémoire, foi et liberté. Le parcours commence près de la porte, et c'est voulu. Vous y retrouverez notre village tel qu'il vivait pendant la Seconde Guerre mondiale : l'occupation, les privations, etc. C'est la mémoire. Vient ensuite la Brigade Piron, cette première brigade belge libératrice qui, après la Normandie, a contribué à rendre notre pays à lui-même en septembre 1944. Deux ans plus tard, son chef, le général Piron, reviendra à Godinne, non plus comme soldat mais comme parrain. Puis un panneau termine cette partie et celui-ci réunit deux cloches : l'ancienne, enlevée et détruite par l'occupant allemand, et la cloche « Libération », qui lui a succédé. Cette nouvelle cloche n'a pas été coulée dans le bronze des canons, comme à l’habitude, mais dans un métal neuf. Et ce sont les habitants de Godinne eux-mêmes qui, de leurs propres deniers, ont contribué à l'acheter, ainsi que sa sœur. Entre la cloche perdue et les cloches retrouvées, il y a toute l'histoire que nous célébrons aujourd'hui : ce qu'on nous a pris, et ce que nous avons rebâti ensemble. Ensuite, à ma droite, nous prenons alors un peu de recul avec un ensemble consacré aux cloches elles-mêmes : comment on les fabrique, d'où elles viennent, ce qu'elles ont signifié à travers les siècles. Une cloche rythme le temps, appelle, avertit, console. Elle est la voix du village. Juste devant moi, les panneaux suivants évoquent la prière de l'Angélus, ces trois sonneries quotidiennes qui, matin, midi et soir, invitaient chacun à s'arrêter un instant. C'est la foi, discrète et fidèle, qui a porté nos aînés dans les heures sombres et nous portent toujours. Enfin, l'exposition se clôt par la bénédiction et le baptême de nos deux cloches, et par les figures de ce jour-là. La cloche « Libération », dédiée à la Vierge en reconnaissance de la libération de la patrie et du retour de nos prisonniers et déportés, avec pour parrain le général Piron et pour marraine Madame Delaruelle. Et la cloche « Thérèse », hommage à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, parrainée par Monsieur Sohy, bourgmestre, et Madame Longueville. Le tout sous le regard de l'abbé Laloux, notre curé d'alors. Car une cloche, on la baptise : on lui donne un nom, un parrain, une marraine. Elle entre dans la famille. Quand « Libération » et « Thérèse » ont sonné pour la première fois, elles ne disaient pas seulement l'heure. Elles disaient : nous sommes encore là, nous sommes libres, et nous n'oublierons pas. Et ce sont les Godinnois qui, en les payant, ont voulu que cela soit dit. Je vous souhaite une belle visite. Prenez le temps, lisez, échangez, et si un souvenir vous revient, confiez-le-nous : cette exposition est aussi la vôtre. Et avant de nous quitter après la célébration eucharistique, nous serons heureux de partager avec vous un petit rafraîchissement.
