Potale Saint-Roch

Par Jacques Latour Dernière modification 2023-01-24T11:14:38+01:00
Bien et PPPW

Borne-potale
Potale Saint-Roch

Namur
Yvoir

Borne-potale dont la volumétrie parallélépipédique, très homogène, est coiffée d’une toiture en bâtière. La borne, de plan rectangulaire, composée de moellons de grès soigneusement équarris, s’élève sur une base à deux niveaux, légèrement plus large, et est couronnée de deux assises de briques, faisant une légère saillie et servant de base à la potale. Celle-ci est bâtie en briques, à l’exception de quatre moellons de grès, deux à la première assise et deux au début de l’arc. Son volume prolonge vers le haut celui de la borne et est creusée en son centre par une large niche à arc en plein cintre avec clé en grès. (255/105/70 cm.) C’est donc une borne-potale à pied droit. Dimensions de la borne à pied droit : base : 33/105&102/70 cm, borne : 77/83/61 cm, assises : 13/101/68 cm, niche : int. 68/43 et ext. 78/90/61 cm. Dans la niche, la statuette de saint Roch, est protégée par une fermeture vitrée verrouillée. Roch est représenté avec son ample pèlerine recouvrant sa tunique, un grand chapeau à large bord et ses brodequins de pèlerin. D’un doigt, il indique le bubon de la peste sur sa cuisse gauche découverte. Le chien qui l’avait secouru durant sa retraite après avoir contracté la peste, est représenté avec une miche de pain dans sa gueule, près de son pied gauche également. La toiture à deux pans est couverte d’ardoises. Un seuil en pierre et des pavés, posés en 1991, s’étendent vers la rue. Liens avec le folkore La potale votive Saint-Roch était intégrée à Mont dans le circuit de la troisième journée des Rogations, à l’Ascension. Pour bénir les champs et demander une protection spéciale pour les futures récoltes, ce circuit passait au sud du village en faisant halte à chaque potale, chapelle et calvaire de cette partie du village de Mont. À la borne-potale Saint-Roch, on priait le saint pour être prémuni contre les maladies infectieuses. Plus loin, à une autre potale, on invoquait saint Donat, pour protéger les récoltes contre les orages et les tempêtes.
base : 33/105&102/70 cm, borne : 77/83/61 cm, assises : 13/101/68 cm, niche : int. 68/43 et ext. 78/90/61 cm.
Si elle est présente sur la carte IGM de 1867 sous l’intitulé « Chapelle Saint-Roch », elle ne l’est pas encore sur la carte topographique de Belgique éditée en 1854. Elle pourrait donc avoir été érigée durant cette période de treize années.
Classiquement, la borne-potale se situe à l’orée d’un bois et le long de la rue, à un carrefour. Autrefois, des champs s’étendaient du bois vers le village. Sur la droite, un sentier s’élance vers le plateau boisé. À gauche, un banc et une borne indicative attendent les marcheurs.

Bon

Ce petit monument votif, très modeste du XIXe s., aurait été construit par des agriculteurs du village2 suite à un vœu. Ils auraient fait de même pour une potale en l’honneur de saint Donat, à deux cents mètres à l’est et dont il ne reste que quelques moellons. Si on en connaît peu sur sa construction, on en sait plus sur les deux restaurations qui ont suivi au XXe siècle.  1991 – Première restauration À cette époque, la borne-potale avait subi les dégradations classiques des années qui passent : roofing3 percé, porte vitrée disparue, peintures de la statue défraîchies, moellons de grès ternis, joints des briques fatigués… En partenariat avec la commune d’Yvoir, le S.I. de Godinne avait déposé un dossier de restauration durant l’Année du Petit Patrimoine populaire wallon. La commune, anticipant la décision de l’Exécutif régional, avait tenu à la restaurer pour con-crétiser son intérêt pour la conservation de son Petit Patrimoine populaire : sablage des moellons, placement d’une nouvelle toiture d’ardoises, rejointoiement des murs, crépi à l’intérieur de la niche protégée par une nouvelle vitre en verre feuilleté, placement d’un seuil de remploi en pierre devant la potale, aménagement des abords. Enfin, la statue fut confiée à l’artiste locale, Claudine Petitjean, pour en raviver les couleurs.  2022 – Seconde restauration. Durant l’été, au cours des manœuvres d’un convoi agricole, un poteau électrique proche de la potale fut heurté rudement. Et celui-ci s’abattit sur elle ! Résultat : toiture disparue, haut des murs descellé et la fermeture de la niche touchée égale-ment. En septembre, la famille Bodson prit à cœur de la restaurer entièrement. Et les résultats furent à la mesure de cet engagement. Remplacement du vitrage, réparation des murets, pose d’ardoises sur une structure neuve. C’est ainsi que Roch réintégra sa potale remise à neuf à la rue Sous-le-Bois.

Références : 1 – Karin Depicker, Mickhaël de Thyse, Yves Hanosset, Christian March, Petit Patrimoine sacré, Ministère de la Région wallonne, 1991, p 2 – Jacques Latour, Journée du Patrimoine, 15 septembre 1991. À la découverte de Mont en douze étapes, S.I. Godinne, 1991, p.20. 3 – Le Patrimoine monumental de la Belgique, Wallonie, 223, Namur, Arrondissement de Dinant, 1996, p. 1177. Bibliographie : Jacques Brilot, L’entité d’Yvoir au XXe siècle, 1 La vie religieuse, 1997.
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Catégorisation
Mont
19ème siècle » 1850 - 1859
Petit Patrimoine Populaire Wallon » 02. Petit patrimoine sacré » 02.04. Bornes-potales
50.351097706078896 ; 4.895528844539878