Bien et PPPW
Nature du bien
Tch'min dès bènes:
Appellation courante
Tch'min dès bènes
Province
Namur
Entité
Yvoir
Descriptif
Chemin creux, pour l’essentiel. Dans sa portion durnaloise, il est large, confortable, principalement en terre. Dans le début de son itinéraire baïlti, il traverse une zone rocailleuse.
Il permet de relier assez directement le village de Durnal et le hameau de Bauche.
Fonction(s) passée(s) et actuelle(s)
-1777 : on retrouve une partie de son tracé sur la carte Ferraris. Le fait qu’il s’agisse d’un chemin creux témoigne de l’ancienneté de son utilisation puisque l’usure due au passage creuse lentement le sol.
1841 : sur l’Atlas des voieries vicinales, il porte la dénomination de «chemin n°2».
1867-1968 : en comparant trois cartes échelonnées sur la période, on observe que le tracé du chemin baïlti (d’Evrehailles) a été finalement déplacé pour éviter les parages de la ferme d’Harnoi, peu avant sa jonction avec la partie durnaloise. (Y_19_DU3_F002_A04-8_SL)
-En 1980, dans «Toponymie d’Evrehailles », J. Germain nous indique que le départ du chemin, à Bauche, s’appelle le « Tch’min dès bènes » ; il cite: « 1755 la premier portion depuis le batis de harnoy suivant tout le loing du chemin de bentier qui conduy à la Campagne de Stiet {à Durnal}…. W. bène,…= chariot ou grand panier en claie occupant toute la longueur d’un chariot, dans lequel on transportait le charbon de bois hors des forêts » p194.
Et précisément, en regardant la carte de distribution des «aires de faulde », on constate tout de suite qu’il y en a un grand nombre dans les bois des Loges et de l’Herbois, entre Bauche et Durnal. L’aire de faulde est une zone circulaire, visible à la surface du sol, que l’on peut encore actuellement détecter dans le milieu naturel et qui correspond à la trace laissée par le brûlage de la meule de bois dans laquelle le charbon de bois se fabriquait. Sur la carte, ces aires sont visualisées par de petits cercles. La même carte mentionne les fourneaux et forges des 18ème et 19ème siècles. On en compte 4 dans la vallée du Bocq, une concentration élevée pour la région. (Y_19_DU3_F002_A07_SL)
Jusqu’à la révolution industrielle, le travail du fer nécessitait du minerai, un cours d’eau rapide et du charbon de bois.
Le charbon de bois était utilisé dans les grands fourneaux, par les forgerons, les maréchaux-ferrants. Il était aussi vendu sur les marchés.
Les charbonniers coupaient le bois l'hiver et revenaient l'été fabriquer le charbon. Il fallait compter dix à douze stères de bois par faulde. L'idée est qu'il faut chauffer du bois tout en évitant qu'il ne brûle. Pour réaliser une faulde, les faudeux bâtissaient une cheminée triangulaire autour de laquelle ils plaçaient des étages de bûches de +/- un mètre de long jusqu'à former un monticule de bois d'environ trois mètres de haut sur un cercle de trois à six mètres de diamètre. Ils le recouvraient d'herbe, de terre, de mottes de gazon. A ce stade du travail, ils mettaient le feu à l'intérieur de la meule par la cheminée qui était ensuite rebouchée. La faulde "cuisait" deux, trois jours sous bonne surveillance. Les charbonniers devaient finalement l'éteindre par étouffement et récupérer le charbon de bois.
Tch'min dès bènes, à Bauche
Catégorisation
Villages
Evrehailles
Coordonnées
50.3341748 ;
4.9316169